Mais il y en a tant d’autres, qui débordent des titres de la presse. Colère des infirmières, des profs, des postiers, des cheminots, des habitant·es des quartiers populaires, des féministes, des parents d’élèves… pour n’en citer que quelques-unes. Il y a les colères installées, passées sous les radars des grands médias mais toujours présentes, comme celle suscitée par le pass sanitaire et la suspension des personnels non vaccinés. Les colères de fond, contre les injustices sociales et notre parodie de démocratie. Et enfin les colères manipulées, orientées contre des boucs émissaires – « immigrés », musulmans, chômeurs, fonctionnaires… Ces colères-là jouent sur les peurs. « La peur mène à la colère, la colère à la haine… » Il disait pas que des conneries, Yoda.
Mais son propos est quand même restrictif. Le calme olympien des jedi, qui par leurs émotions jamais ne doivent se laisser envahir, renvoie aux philosophes grecs qui prônaient la maîtrise de soi : pour eux, la colère était signe d’impuissance. Si les Romains ont valorisé l’indignation, il s’agissait d’une valeur aristocratique – « une vertu consistant à avoir honte des fautes commises par soi-même ou par autrui envers les exigences de son rang », explique le philosophe Pierre Zaoui (1). Dans le christianisme, la colère est l’un des sept péchés capitaux. Il s’agit là de visions essentiellement individualistes.
Qu’en est-il des colères collectives ? Nous entraînent-elles forcément du « côté obscur », comme le craignent Yoda et tous ceux qui, dans le courroux populaire actuel, voient déjà se profiler un beau score de l’extrême-droite à la présidentielle de 2027 ? Une chose est sûre : le soir du 20 mars, quand la motion de censure présentée pour dissoudre le gouvernement a échoué à neuf voix près, il faisait bon être dans la rue, avec d’autres gens en colère, plutôt que seul chez soi.
« La peur est le chemin vers le côté obscur : la peur mène à la colère, la colère mène à la haine, la haine mène à la souffrance. »
Léna Lazare, 24 ans, est l’une des porte-paroles de Youth for Climate. Elle est engagée dans la dynamique des « Soulèvements de la Terre » qui se mobilise notamment contre les mégabassines.
Reporterre — Face au gouvernement, le mouvement social et le mouvement écologiste semblent vivre une situation similaire : ils ne sont pas écoutés. Qu’en pensez-vous ?
Léna Lazare — Oui, c’est intéressant de faire le parallèle entre la lutte contre la réforme des retraites et celle pour le climat. Les mêmes méthodes sont utilisées par le gouvernement pour faire taire la contestation ou la contenir au maximum. Il l’ignore et essaye de lui retirer toute légitimité. Dès que le mouvement se durcit, les autorités sortent les matraques.
Ils nous traitent de « factieux » ou d’« écoterroristes », tentent de nous discréditer et nous criminalisent. À quelques jours d’écart, on a vécu une répression identique. Les manifestations à Paris contre la réforme des retraites place de la Concorde ont été interdites. Notre mobilisation antibassines aussi. Des zones rouges avec des arrêtés d’interdiction de circulation, en plus des arrêtés d’interdiction de manifestation, ont été décrétées. Il y a des amendes et des arrestations arbitraires. Le gouvernement veut nous faire peur.
Des messages WhatsApp privés publiés ces derniers jours montrent comment des responsables britanniques de la santé, dont l’ancien ministre de la santé Matt Hancock, ont pris des décisions concernant la COVID-19 en se fondant sur l’opportunisme politique plutôt que sur la science, comme l’ont prétendu publiquement les responsables de la santé.
Les messages « soulèvent de nouvelles questions vitales sur la gestion de la pandémie à l’approche d’une enquête publique sur la réponse à la COVID-19 »et révèlent « des détails dévastateurs sur la réponse à la pandémie qui étaient restés secrets jusqu’à présent », selon The Telegraph, qui a obtenu l’archive de plus de 100 000 messages de – surnommés« The Lockdown Files » [Les dossiers de confinement]– de la journaliste Isabel Oakeshott..
Mme Oakeshott est coauteure du livre de M. Hancock intitulé « Pandemic Diaries: The Inside Story of Britain’s Battle Against COVID ».
M. Hancock a été le premier membre du gouvernement britannique à annoncer un confinement, dans des déclarations faites le 16 mars 2020, sur la base des conseils du groupe consultatif scientifique pour les situations d’urgence [Scientific Advisory Group for Emergencies (SAGE)]. Le confinement a officiellement commencé une semaine plus tard.
Les messages révèlent comment les fonctionnaires ont pris de manière informelle des décisions concernant les confinements, les mandats de port de masques, la distanciation sociale et l’isolement, les quarantaines, la distribution de vaccins et une foule d’autres questions liées à la COVID-19, et comment ces décisions ont été motivées par des considérations politiques.
Le rapport, intitulé « Ministry of Truth: The Secretive Government Units Spying On Your Speech » (Ministère de la vérité : les unités gouvernementales secrètes espionnant vos propos) – une plongée approfondie de plus de 100 pages dans le sujet, a notamment analysé comment le gouvernement britannique a utilisé l’armée du pays pour savoir « à quel point les gens avaient peur » pendant le Covid.
Pour le groupe de défense de la vie privée et des droits civiques Big Brother Watch – qui affirme que le rapport est basé sur des réponses à la loi sur la liberté d’information et des témoignages de dénonciateurs – il s’agissait de créer une façade pour traiter les « fake news », alors qu’en réalité, il s’agissait de mener « une surveillance à grande échelle du public britannique sur les médias sociaux ».
Ce n’est un secret pour personne que l’utilisation des médias sociaux peut modifier l’anatomie du cerveau des adultes, mais une nouvelle étude suggère qu’elle pourrait également avoir un impact profond sur le cerveau en développement des adolescents.
Des chercheurs de l’université de Caroline du Nord ont découvert, dans l’une des premières études de ce type, que la consultation habituelle des flux sociaux peut modifier la façon dont les jeunes adolescents traitent les récompenses et les punitions sociales – des changements suffisamment concrets pour être perçus comme des voies neurales distinctes et divergentes dans les scanners cérébraux.
Publiée dans le Journal of the American Medical Association Pediatrics, l’étude a révélé des changements significatifs au niveau de l’amygdale, une partie de la matière grise du cerveau associée à la mémoire et aux émotions, dans le cerveau des 169 adolescents participant à l’étude dans un collège rural de Caroline du Nord.
Ces modifications cérébrales semblaient être associées à la sensibilité aux conditions sociales, les sujets qui consultaient les médias sociaux plus de 15 fois par jour devenant de plus en plus réactifs aux récompenses et aux punitions sociales au fil du temps, alors que leurs homologues ont connu la tendance inverse.
Car oui, vous n’y couperez pas : vous aurez peur de manquer de chaleur, de nourriture, de lumière. Vous aurez peur que l’Europe soit irradiée ou qu’un conflit nucléaire éclate.
Nos élites nous rappellent, par leur incroyable talent prévisionniste, que gouverner c’est prévoir, vous allez voir ce que vous allez voir.
D’ailleurs, on a vu : ayant su prévoir – avec un brio inégalé – que la France pourrait largement se passer de nucléaire grâce à sa batterie de moulins à vent et de petits panneaux solaires, nos formidables politiciens arrivent à présent et très progressivement à la conclusion que les premiers mois de 2023 pourraient être marqués par autant de tensions dans les rues qu’il n’y en aura plus aucune dans les câbles EDF.
Ainsi du côté du gouvernement, on ne peut que noter l’embarras dans lequel il se trouve de tous les côtés qu’on le prenne.
Sur le plan politique, l’absence de majorité absolue pour la Renuisance du Président ou pour le groupe Ensemble à l’Assemblée provoque des difficultés manifestement pas envisagées par Emmanuel Macron qui ne semble pourtant pas encore prêt à négocier quoi que ce soit.
Avec tout ce qui nous tombe dessus, depuis les crises manipulées par les gouvernements jusqu'au retour de bâton d'une société qui a toujours privilégié la rapidité technologique et les valeurs du commerce de masse au détriment de la propriété et de la souveraineté individuelles, les jeunes d'aujourd'hui sont confrontés à l'une des plus grandes menaces pour la liberté que le monde ait jamais connue.
« Voix ou pas voix, le peuple peut toujours être amené à se plier aux exigences des dirigeants. C'est facile. Il suffit de leur dire qu'ils sont attaqués et de dénoncer les pacifistes pour leur manque de patriotisme et pour le risque qu'ils font courir au pays. Cela fonctionne de la même manière dans n'importe quel pays. »
Le film s'inspire de la vie du véritable Tim Ballard, fondateur et PDG d'Operation Underground Railroad, une association qui aide les gouvernements du monde entier à sauver des victimes de la traite des êtres humains et du trafic sexuel, en particulier les enfants. Jim Caviezel évoque l'adrenochrome, une substance semblable à l'adrénaline issue de la torture qui serait un élixir de jouvence.