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l'état veut centraliser le dossier médical de chaque patient

La Quadrature du NetLe gouvernement veut nous obliger à utiliser le Dossier Médical Partagé

La Quadrature du Net - 11 déc 2025

L’article 31 du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2026 renforce l’obligation pour les professionnel·les de santé de reporter les données de santé de leurs patient·es dans leur Dossier Médical Partagé (DMP), et introduit l’obligation de consultation du DMP par les professionnel·les avant certaines prescriptions.

   

Cette mesure s’inscrit dans un rapport de force commencé par l’État il y a quelques années pour collecter et centraliser les données de santé de toute la population, au mépris du consentement des patient·es, et dans une vision technocratique du soin.

Chaque année, le Parlement est invité à se prononcer sur le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour l’année à venir. Celui pour l’année 2026 a été présenté par le gouvernement mi-octobre, discuté devant l’Assemblée nationale (qui n’a pas eu le temps de le voter) et transmis dans une version remaniée par le gouvernement au Sénat.

Au sein de celui-ci, par l’article 31, le gouvernement souhaite systématiser l’utilisation du Dossier Médical Partagé (DMP) par les professionnel·les de santé, d’une part en renforçant l’obligation d’y téléverser les documents médicaux, d’autre part en conditionnant certaines prescriptions à la consultation des DMP des patient·es, et enfin en introduisant des sanctions pour les professionnel·les qui suivraient pas ces obligations.
Le DMP, qu’est-ce que c’est ?

Le Dossier Médical Partagé (DMP) a été créé en 2011 dans l’optique d’améliorer le suivi médical et l’accès des patient·es à leurs documents de santé. Il était alors ouvert uniquement à la demande de chaque assuré·e (« opt-in »). Constatant la sous-utilisation du DMP, le gouvernement a alors créé une nouvelle plateforme, Mon Espace Santé (MES), qui rassemble le DMP et un certain nombre de services additionnels comme une messagerie sécurisée, un agenda, un catalogue de services numériques de santé… Et surtout, cette fois-ci, chaque assuré·e se voit ouvrir un Espace Santé par défaut, à moins de n’exprimer explicitement son refus (« opt-out ») en répondant à un e-mail qui souvent est arrivé dans le dossier SPAM. À partir de 2022, Mon Espace Santé est déployé pour l’ensemble des assuré·es français, et à travers lui, chacun·e se voit ouvrir un Dossier Médical Partagé (DMP). À ce moment-là, La Quadrature alertait déjà sur les risques d’atteinte à la vie privée de cet outil.

Quatre ans plus tard, le déploiement est un succès d’après l’Assurance Maladie, avec près de 22,7 millions de DMP ouverts en septembre 2025 d’une part, et avec un document de santé sur deux déposé dans la plateforme d’autre part1. Ceux-ci sont majoritairement des comptes rendus d’examens biologiques, déposés automatiquement par les laboratoires, et des prescriptions dont le dépôt sur le DMP a été rendu obligatoire.
Le DMP peine à gagner la confiance de la population

Nous voilà en 2025, et le gouvernement constate que malgré les obligations et les ouvertures imposées de dossiers en ligne, Mon Espace Santé n’est toujours pas suffisamment utilisé par les patient·es comme par les professionnel·les de santé. En effet, la plateforme a du mal à gagner la confiance des utilisateur·rices. Et pour cause les patient·es n’ont la main ni sur la gestion de leurs documents, ni sur le choix des équipes de soins qui peuvent y accéder. Quelques exemples :

Le recueil du consentement d’un·e patient·e pour que les professionnel·les accèdent au dossier ? C’est une case à cocher… par les professionnel·les.
Le choix des informations auxquelles les professionnel·les peuvent accéder ? Il est prédéfini dans la plateforme et n’est paramétrable qu’à la marge. Ainsi il existe une « matrice d’habilitation », qui définit que les professionnel·les d’une même spécialité auront accès aux données ajoutées par leurs confrères et consœurs, que le·a médecin traitant·e aura accès à l’ensemble des informations du patient·e, ou encore que les comptes rendus des consultations en ophtalmologie seront accessibles par le·a dentiste, pédicure-podologue ou diététicien·ne…
Le choix des documents téléversés dans le dossier ? Les patient·es ne peuvent pas s’y opposer « sauf à invoquer un motif légitime ». Les professionnel·les de santé ont elles et eux l’obligation de téléverser les documents, et le PLFSS 2026 prévoit même d’instaurer une sanction financière à ceux et celles qui ne le feraient pas.
La suppression de documents ? Impossible du côté patient·e, elle ne peut être réalisée que par le·a professionnel·le qui a mis les données en ligne. Or on se doute qu’aucun·e professionnel·le ne se reconnecte sur le DMP trois ans après la consultation d’un·e patient·e pour une grippe, une entorse ou une IVG afin de supprimer les documents devenus obsolètes. Le·a patient·e peut néanmoins « masquer » ces documents, un par un, dans la plateforme.

On imagine bien en quoi Mon Espace Santé fait « gagner du temps aux professionnels qui n’ont plus à rechercher les données de leurs patients »2, facilitant le suivi et la coordination des soins. Surtout, on comprend que l’utilisation du MES « permet également aux professionnels d’éviter la prescription d’actes inutiles ou redondants » ce qui, dans le contexte budgétaire actuel de recherches d’économies, est un argument important pour les parlementaires.

Mais ce gain d’efficacité doit-il se faire au détriment du consentement des patient·es ? Les professionnel·les de santé, comme nous tou·tes, peuvent avoir des biais, qui impactent leur jugement, conduisant à des prises en charges lacunaires, à des agissements discriminatoires, voire à des violences. Quand bien même cela ne concernerait qu’une minorité de professionnel·les, il est légitime que les patient·es souhaitent se protéger d’éventuelles violences médicales en ne divulguant pas leur identité trans, leurs recours à l’IVG, leur pathologie psychiatrique… En les empêchant de maîtriser leurs informations, et en les forçant à divulguer des pans de leur identité dans des termes qui ne sont pas les leurs, cette obligation d’usage du DMP éloigne les patient·es du soin, et encore plus les patient·es les plus discriminées, dont la précarité en santé n’est plus à démontrer
Un renforcement de la vision gestionnaire du gouvernement

En renforçant les obligations des professionnel·les à consulter et à remplir le DMP, le PLFSS normalise un peu plus l’utilisation d’une plateforme construite en dehors du cadre du consentement des patient·es, et qui met tout le pouvoir entre les mains du corps médical. Dans cette vision de la relation médicale, est-ce que les patient·es sont trop bêtes, trop négligent·es, trop menteur·euses pour gérer leurs informations ? pour donner leur consentement ? pour choisir les informations qu’ils et elles sont prêt·es à divulguer ? Et est-ce que les professionnel·es prescrivent des « actes coûteux » car ça les amuse de regarder des radios ou d’envoyer des patient·es faire des prises de sang ?

Après avoir infantilisé les patient·es en leur retirant tout pouvoir sur les données de santé, le gouvernement exige que les professionnel·les de santé se rendent complices de cette confiscation. Ce faisant, il enlève aux professionnel·les de santé le choix de leurs outils, de leur manière de prodiguer des soins, de leurs modes d’interaction avec leurs patient·es. Avec cette loi, le gouvernement s’enfonce encore un peu plus dans sa logique gestionnaire, qui présuppose l’incapacité des individus à prendre des décisions sensées, intelligentes et adaptées à leurs situation, et met en place pour y pallier des outils de contrôle et des sanctions pour celleux qui y résistent.

À La Quadrature, nous sommes inquiets de la centralisation de nos données dans des plateformes privées, et de la constructions de bases de données de plus en plus interconnectées. Nous craignons les risques technologiques, de fuite de données et de vulnérabilité à des attaquants informatiques. Nous sommes effarés de la volonté de certain·es parlementaires de passer les données du DMP à la moulinette des algorithmes d’intelligence artificielle3. Nous sommes préoccupés par les volontés du gouvernement d’ouvrir nos données de santé à des entreprises privées à travers le Health Data Hub.

Enfin, nous sommes en colère, car en abimant toujours plus notre système de santé pour le remplacer par ses technosolutions, le gouvernement nous dépossède un peu plus de notre autonomie, et de notre droit à accéder à des soins selon nos termes, dans des circonstances qui nous soient adaptées et individualisées. Ce faisant, les choix du gouvernement ne peuvent que renforcer la précarisation en santé, d’abord des personnes discriminées, mais inéluctablement, de nous tou·tes.

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Données de santé chez Microsoft

Le Libre PenseurLa CNIL autorise le stockage des données de la Sécu chez Microsoft !

Le Libre Penseur - 02 fév 2024

La prise d’une telle décision démontre à quel point les autorités françaises sont corrompues et à quel point la France sombre dans le tiers-monde et la misère.

   

Comment est-il possible qu’une nation comme la France qui dépense plus de 300 milliards d’euros chaque année dans son système de santé ne peut pas se payer un Data Hub afin de sécuriser toutes ses données de santé ? C’est inconcevable, nous avons les moyens de le faire mais nous ne le faisons pas afin d’offrir les données de santé aux géants US du Big Data. C’est extrêmement humiliant mais ça montre parfaitement quel est l’agenda politique du régime actuel.

Faute de prestataire européen, la Cnil a validé l’hébergement de données de santé des Français chez Microsoft, pour une durée de trois ans. Et ce, malgré “le risque de communication à des puissances étrangères”.

La Cnil a autorisé l’hébergement temporaire chez l’américain Microsoft d’un entrepôt de données de santé pour la recherche alimenté par l’Assurance maladie, une première pour la gardienne française des libertés numériques, selon une décision parue mercredi sur Legifrance.

Jusqu’à présent, la Cnil n’avait jamais accepté d’autoriser des entrepôts alimentés par des données du Système national des données de santé (SNDS, géré par l’Assurance maladie), si ceux-ci devaient être hébergés sur une plateforme “cloud” – infrastructure informatique dématérialisée – non européenne.

Risque d’accès par les autorités américaines

La Cnil mettait en avant le risque d’accès aux données par des autorités étrangères, avec dans le collimateur les lois américaines à portée extraterritoriale notamment. Grâce à ces lois, les autorités américaines peuvent exiger dans certains cas que les opérateurs de cloud américains leur fournissent les données stockées chez eux, où qu’elles se trouvent dans le monde…

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saisie abusive des compteurs dits intelligents

Anguille sous rocheIrlande : Saisie abusive des données par les compteurs électriques intelligents

Anguille sous roche - 15 nov 2022

Un groupe de défense des droits révèle que le programme de compteurs d’énergie « intelligents » du gouvernement irlandais collecte plus de données que nécessaire

   

Le groupe de campagne pour la protection de la vie privée Digital Rights Ireland a demandé une enquête sur la collecte de données sur la consommation d’électricité par les compteurs intelligents d’ESB Networks. Le groupe affirme que la société semi-étatique recueille plus de données que ce dont elle a besoin à des fins de facturation et que les clients ne sont pas conscients de la collecte de données.

L’installation des compteurs intelligents a commencé en 2020 et a été installée dans plus de 800 000 foyers. L’objectif est de remplacer tous les compteurs par des compteurs intelligents d’ici 2024.

Le mois dernier, ESB Networks a reconfiguré les compteurs intelligents pour collecter des données détaillées toutes les demi-heures. Ces données sont stockées dans une base de données centralisée. DRI affirme que les clients n’ont pas consenti à cette collecte de données. Le groupe s’interroge également sur la base juridique de la collecte de données et demande à la Commission de protection des données (DPC), organisme de surveillance de la vie privée, d’enquêter.

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Espionnage des réseaux sociaux

ContrepointsLes réseaux sociaux vous espionnent, contrez-les !

Contrepoints - 11 sep 2022

Les réseaux sociaux sont devenus des armes dont nous sommes les munitions. Heureusement, nous pouvons arrêter les tirs.

   

Dans l’article précédent, nous décrivons les réseaux sociaux comme un hyper-média, une arme d’espionnage et de propagande convoitée par les États. Une arme dont nous sommes les munitions, par les données que nous laissons.

Nous allons voir comment éviter l’espionnage des réseaux sociaux aussi bien sur leurs plateformes qu’en dehors.

Bien évidemment, le meilleur moyen de ne pas se faire voler les données est encore de ne jamais aller sur les réseaux sociaux. On ne loupe pas grand-chose à se passer de Facebook, Twitter, Instagram ou Tiktok. Toutefois, même en tant qu’utilisateur, on peut limiter la casse.

Éviter le mobile. Une application mobile a davantage de possibilités qu’une simple page web. Si vous acceptez un peu vite les permissions, c’est open bar ! L’app peut analyser vos photos, vos contacts, vos SMS, vos appels, votre position GPS.

Toutes ces choses sont impossibles avec un simple site web. De plus, le site s’arrête une fois l’onglet fermé. Alors que les apps peuvent tourner en permanence en arrière-plan. Mieux vaut donc accéder aux réseaux sociaux par un navigateur web plutôt qu’une application mobile.

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Norvège collecte de données alimentaires

Aube DigitaleLa Norvège va suivre tous les achats alimentaires

Aube Digitale - 06 juin 2022

Le Bureau norvégien des statistiques prévoit de saisir plusieurs millions de tickets de caisse quotidiens dans les magasins d’alimentation, ouvrant ainsi une nouvelle ère dans la collecte de données par l’État.

   

Cette collecte marquera un nouveau tournant dans la collecte de données et la surveillance pour le SSB, puisque l’agence cherche désormais à obliger les entreprises privées, et non plus seulement les entreprises publiques, à se conformer à la surveillance de l’État. Compte tenu de l’augmentation du nombre d’usurpations d’identité en Norvège, beaucoup s’inquiètent de la nécessité d’accroître la collecte de données.

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Sécession numérique

Le courrier des stratègesSécession numérique : comment essayer d’échapper à la surveillance permanente

Le courrier des stratèges - 27 mai 2022

Éric Verhaeghe évoque la question de la sécession numérique, appellation commode qui désigne les moyens d'échapper à la surveillance permanente par les appareils numériques qui nous entourent. Il faut bien se souvenir ici du poids de cette surveillance, voici quelques trucs pour la contourner.

   

L’erreur consisterait à penser que la surveillance numérique se limite à votre smartphone. Certes, cet outil est un redoutable espion qui permet à l’Etat de tout savoir sur vous pour peu que les fournisseurs de données transmettent les informations qui vont bien. Mais il faut avoir conscience que l’épidémie de coronavirus a donné aux pouvoirs policiers l’opportunité d’avancer grandement dans leurs projets de mise sous surveillance.

En France, par exemple, en décembre 2020, des décrets sont passés autorisant le fichage de tous les citoyens selon leurs opinions philosophiques. L’année suivante, le Parlement a adopté une loi autorisant la reconnaissance faciale en temps réel des personnes participant à une manifestation.

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LeBigDataElon Musk achète Twitter : quel impact pour vos données personnelles ?

LeBigData - 8 mai 2022

C’est officiel : Elon Musk achète Twitter pour 44 milliards de dollars. Découvrez les conséquences possibles pour le réseau social, notamment en ce qui concerne les données personnelles…

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Digital Market Act loi numérique

LeBigDataDigital Market Act : tout savoir sur la nouvelle loi de l’UE sur le numérique

LeBigData - 3 mai 2022

Le Digital Market Act est la nouvelle loi pour le numérique de l’Union européenne, visant à lutter contre le monopole des GAFAM. Découvrez tout ce que vous devez savoir sur cette nouvelle législation, et sur ses conséquences pour la confidentialité des données…

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La Quadrature du NetPourquoi s'opposer à la création de «Mon Espace Santé» ?

La Quadrature du Net - 25 mars 2022

Qu'est que cet « Espace » ? Que contient-il ? Pourquoi et comment s'y opposer ? Découvrez tout cela et gardez la main sur vos données de santé.

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données personnelles UE USA

01 NetDonnées personnelles : les USA et l'UE créent un nouveau « Privacy Shield »

01 Net - 23 mars 2022

La Commission européenne et le gouvernement américain ont trouvé un accord de principe sur un nouveau cadre législatif pour les transferts de données personnelles. Le juriste autrichien Max Schrems reste circonspect.

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SNIL data entreprises

Le MondeLa CNIL précise le droit d’accès des salariés à leurs données personnelles

Le Monde - 24 jan 2022

Le droit d’accès aux données à caractère personnel prévu par le Règlement général sur la protection des données (RGPD) existe en France depuis la loi informatique et libertés de 1978. Mais à partir de l’entrée en vigueur du RGPD, en mai 2018, le nombre de personnes exerçant leur droit d’accès a considérablement augmenté.

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Business données santé

BlastLe scandale du business des données de santé

Blast - 15 nov 2021

Traçage épidémiologique, dossier médical partagé, capteurs qui suivent nos rythmes biologiques en temps réel… Cette numérisation a de graves conséquences : nos données de santé sont devenues un business juteux sur lequel le gouvernement ferme les yeux, quand il n'en est pas complice.