Surtout, elle verra le retour du droit international contre les règles que nous connaissions jusqu’à présent. Seuls ceux qui sont capables de comprendre ces évolutions et de s’y adapter rapidement continueront à se développer.
ous assistons à la réorganisation du monde suite au sommet d’Anchorage (15 août 2025), au cessez-le-feu à Gaza (10 octobre 2025) et à l’opération Absolute Resolve au Venezuela (3 janvier 2026). Il est désormais clair que les présidents Donald Trump et Vladimir Poutine se sont partagés le monde en Alaska. La validation de l’ensemble se fera lors du prochain sommet Trump-Xi.
La seule information dont nous disposons est la carte de l’état-major russe, publiée par Andrei Martyanov. Elle divise le monde en trois zones d’influence, ce qui ne contredit pas le principe d’un monde multipolaire. Le droit international primitif — je veux dire antérieur à la Guerre froide — ne résout que quelques problèmes. Il accorde toute latitude aux États pour faire ce qu’ils veulent dans les limites qu’ils se sont eux-mêmes fixés.
J’ai expliqué dans ma dernière chronique que, contrairement à ce que tout le monde raconte, si les États-Unis ont commis un crime en enlevant le président Maduro, au regard des règles précédentes, ils étaient dans leur droit de le faire, au regard de leurs seuls engagements. Que l’on trouve choquante cette réalité, ne change rien. C’est désormais la manière dont nous devrons fonctionner.
Jusqu’à présent, le monde était gouverné par le G5/6/7/8/7, hier composé de l’Allemagne, du Canada, de la France, des États-Unis, de l’Italie, du Japon, du Royaume-Uni et de l’Union européenne.
Sa disparition marque la fin des Empires anglais et français. Nous devons admettre que la France devra décoloniser la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie ; les États-Unis devront décoloniser les Samoa, Guam et les îles Vierges ; la Nouvelle-Zélande devra décoloniser Tokelau ; enfin le Royaume-Uni devra décoloniser Angilla, les Bermudes, les îles Vierges, Caïman et Malouines, Gibraltar, Monserrat, Sainte-Hélène et les îles Turques-et-Caïques ;
Cela devra être fait très rapidement si la France, le Royaume-Uni, la Nouvelle-Zélande et le Royaume-Uni souhaitent conserver une présence dans leurs anciennes colonies.
Il est probable que le Commonwealth se délitera. Ses États membres abandonneront, tout au moins, leur citoyenneté partagée.
Le G7 sera remplacé par un C4/5 composé de la Chine, des États-Unis, de l’Inde et de la Russie auxquels le président Trump espère rattacher le Japon. Cependant, il est probable que le Japon n’y sera pas admis, compte-tenu de ses déclarations bellicistes. La Chine ne décolère pas de la montée du militarisme impérial japonais, du négationnisme du gouvernement de Sanae Takaichi, de ses vues sur les microprocesseurs taïwanais et de ses recherches de terres rares.
Compte tenu de leur puissance respective, les quatre principales puissances mondiale pourront décider de faire ce qu’elles voudront dans tous les cas non régis par le droit international — comme les États-Unis l’ont fait au Venezuela.
Plusieurs alliances régionales permettront à des puissances secondaires de jouer un rôle important.
Je ne parlerai pas de l’OTAN qui sera dissoute à la mi-2027, ou plus tôt si le transfert du Groenland du Danemark aux USA s’y prête. Les objurgations de quelques Européens n’y changeront rien : ils ne feront pas plus la guerre aux États-Unis qu’à la Russie.
L’Alliance AUKUS (Australie, États-Unis, Royaume-Uni) ne survivra pas non plus au partage du monde.
L’UE devrait également disparaitre. Le tour de piste d’Ursula von der Leyen à la cérémonie de signature de l’accord de libre-échange UE/Mercosur ne fait que précipiter sa chute : les peuples de France, de Pologne, d’Autriche, d’Irlande et de Hongrie viennent de réaliser que cette bureaucratie ne défend pas leurs intérêts, mais sacrifie leurs paysans aux besoins de l’industrie allemande.
Plusieurs organismes prendront le relai : la Force expéditionnaire interarmées (JEF), une mini-OTAN britannique, regroupe déjà l’Estonie, la Lituanie, la Lettonie, le Danemark, la Norvège, l’Islande, la Suède, la Finlande et les Pays-Bas autour du Royaume-Uni. L’Ukraine s’y agrégera, tandis que l’Islande rejoindra les États-Unis (après la cession du Groenland). En effet, le Canada et le Groenland sont situés sur le plateau continental américain, ainsi qu’une partie de l’Islande, ce qui donne un appétit compréhensible aux États-Unis.
De leur côté, la Bulgarie, la Finlande, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, et la Suède ont déjà constitué une « alliance du Front oriental ». Il n’est pas sûr que cette nouvelle organisation soit pérenne car, pour le moment, elle n’a ni budget, ni secrétariat.
Ces alliances militaires seront doublées de coalitions politiques, comme l’UE a doublé l’OTAN. L’initiative des trois mers est la principale. Elle rassemble l’Autriche, la Bulgarie, la Croatie, l’Estonie, la Grèce, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, la Roumanie, la Slovaquie, la Slovénie et la Tchéquie. Elle vise à reformer la médiévale République des Deux-Nations ou le projet de Fédération Międzymorze du maréchal Józef Piłsudski : créer une fédération entre l’Allemagne et la Russie.
C’est un projet polonais, porté par le président Karol Nawrocki (Droit et Justice), tandis que l’alliance du front oriental est un projet porté par le Premier ministre, Donald Tusk (Coalition civique).
Au moyen-orient, la dualité Arabie saoudite / Iran a pris fin avec la médiation chinoise de 2023. Elle est remplacée par une rivalité Arabie saoudite / Émirats arabes unis. Celle-ci s’est déjà exprimée au Yémen et au Soudan. Ceux qui étaient, il y a encore quatre ans, les meilleurs amis du monde, sont désormais des rivaux absolus.
Riyad tente de coaliser derrière lui et le Pakistan, la Türkiye, l’Égypte et la Somalie.
De son côté Abou Dhabi, qui a déjà lié des alliances militaires avec des factions soudanaise, libyenne et somalienne, devrait se rapprocher un peu plus d’Israël et s’adjoindre l’Éthiopie.
En Afrique, l’Alliance des États du Sahel, composée du Burkina Faso, du Mali et du Niger, est la seule alliance militaire régionale. Elle devrait être encouragée par la Chine et la Russie.
En Amérique latine, l’Alliance bolivarienne des peuples de notre Amérique (ALBA) ne fonctionne plus. Au contraire une coalition est en train de se former autour de l’Argentine et du Chili avec l’assentiment des États-Unis.
La Chine, l’Inde et la Russie souhaitent préserver les Nations unies. Du coup, le président Trump a renoncé à quitter le palais de verre. Il faut bien comprendre qu’une grande partie de ce que l’ONU a construit sera démantelé, pour le rendre conforme au droit international. Car, contrairement à ce dont nous nous sommes persuadés, les Nations unies ne sont pas le droit international.
Thierrry Meyssan
Lors d’une interview de Noël diffusée sur Russia-1, le patriarche Cyrille, chef de l’Église orthodoxe russe, a livré une réflexion profonde sur les tensions entre l’Occident et la Russie.
Dans un monde en pleine mutation, les tensions entre l’Occident et la Russie ne se limitent plus aux enjeux géopolitiques. Une lutte plus profonde, d’ordre spirituel et moral, est en cours. Le patriarche Cyrille, chef de l’Église orthodoxe russe, a récemment dénoncé la décadence de l’Occident, mettant en lumière un contraste saisissant avec les valeurs prônées par la Russie.
Une Décadence Morale qui Inquiète
L’Occident traverse une période de crise morale sans précédent. Pornographie omniprésente, théorie du genre imposée dans les discours publics, et programmes scolaires abordant la sexualité dès le plus jeune âge, y compris des pratiques comme la sodomie, illustrent une dérive qui inquiète autant qu’elle divise.
Selon le patriarche Cyrille, cette situation n’est pas fortuite. Elle découle d’un projet idéologique visant à déconstruire les fondements spirituels et sociaux des sociétés occidentales. « Les valeurs fondamentales sont piétinées, et une civilisation inconnue se construit », a-t-il déclaré.
La Russie, une Alternative Spirituelle
Face à cette décomposition morale, la Russie se positionne comme un bastion de foi et de valeurs traditionnelles. En défendant les enseignements du Christ et en restant ancrée dans sa spiritualité, la Russie propose un modèle alternatif à un monde occidental marqué par le chaos et les manipulations d’élites déconnectées.
Le patriarche Cyrille souligne que cette posture effraie l’Occident. La Russie représente une menace non pas militaire, mais spirituelle, car elle offre une voie différente, basée sur la stabilité, la famille, et le respect des traditions.
Une Rupture Entre les Élites et les Peuples
L’Occident est confronté à une fracture profonde entre ses élites et ses citoyens. Alors que les élites promeuvent des idéologies divisantes et destructrices, de nombreux citoyens aspirent à un retour à des valeurs spirituelles. Lassés par les mensonges politiques et les manipulations, les peuples occidentaux cherchent une alternative.
La Russie, en tant que gardienne des enseignements chrétiens et des principes fondamentaux, apparaît de plus en plus comme un modèle pour ces populations désillusionnées.
Pourquoi l’Occident Perd la Bataille
La clé de cette bataille réside dans les valeurs. Tandis que l’Occident privilégie une vision individualiste et consumériste, la Russie défend une approche collective et spirituelle. Ce contraste met en lumière l’incapacité des nations occidentales à répondre aux besoins fondamentaux de leurs citoyens, notamment en matière de sens et de stabilité.
« Ces vacances lumineuses et tant attendues sont chères à des millions de personnes dans le monde. Il donne aux croyants joie et espoir, inspire de bonnes pensées, actes et actions. Les jours de Noël, nous ressentons clairement et de tout notre cœur combien les traditions paternelles et familiales sont pour nous importantes, transmises de génération en génération.
Je voudrais souligner que l’Église orthodoxe russe et d’autres confessions chrétiennes en Russie jouent un rôle créatif énorme dans l’unité du peuple, dans la préservation de notre mémoire historique, de notre patrimoine culturel et spirituel unique. La contribution des organisations religieuses au renforcement de l’institution familiale, à l’éducation des jeunes, à l’établissement dans la société d’idéaux et de valeurs moraux durables tels que le souci du prochain, la miséricorde et la compassion, et au soutien de ceux qui ont besoin d’aide et d’attention est significative. Cette œuvre aux multiples facettes et recherchée mérite la plus profonde reconnaissance.
Je souhaite aux chrétiens orthodoxes, à tous les citoyens de Russie célébrant la Nativité du Christ, santé et prospérité.»
Poutine a officiellement averti l’Occident à quoi ressemblerait une guerre avec la Russie.
Vous trouverez ci-dessous le texte traduit automatiquement du discours du président Poutine.
«Chers collègues, médias, journalistes et invités.
Bonjour !
Aujourd’hui, de nouveau, dans l’Union européenne et les États membres de l’OTAN, des appels à une «guerre contre la Russie» se font entendre.
Aujourd’hui, malheureusement ou non, nous pouvons dire à nouveau que l’histoire se répète toujours. Toujours !
Les opinions de nos collègues de l’Europe et de l’OTAN sur la Russie ne changent jamais ; ils sont toujours prêts à détruire la Russie, tout ce qui est russe, et prêts à occuper la Russie ; leur objectif ne change jamais.
La haine contre la Russie est toujours restée dans les veines de certains de nos collègues et des pays qui dirigent l’UE et l’OTAN.
Chers collègues, Aujourd’hui, nous entendons à nouveau que la Russie est un agresseur, et la vérité est que la Russie n’a jamais été un agresseur et s’est toujours défendue tout au long de l’histoire.
C’est un fait !
Chers collègues de l’Europe et de l’OTAN, la Russie ne commence jamais de guerre ; la Russie arrête toujours les guerres. Vous commencez des guerres, et le but est toujours de détruire la Russie.
La Russie n’a jamais menacé les pays, n’a jamais menacé la sécurité du monde, mais nous aimons dire : «Le serpent mord le plus quand il meurt».
Vous avez créé le fascisme, toujours partout, et en Ukraine, les guerres sont votre travail, et la Russie défendra toujours son pays et son peuple. Peu importe ce que cela coûte, peu importe les pertes que nous subissons, nous avons toujours défendu notre pays et son peuple, nous continuerons toujours à le faire.
Comme vous le savez, nous avons prouvé à maintes reprises dans notre histoire que nous sommes un pays courageux.
Et aujourd’hui, vous criez à nouveau : «Victoire sur la Russie».
Chers collègues, je vous assure que la Russie ne tombera pas, elle peut être déchirée, mais jamais détruite.
Si un pays de l’OTAN ou de l’UE déclare la guerre à la Russie, tout le monde doit savoir que notre réaction sera rapide comme l’éclair, et si nous sentons une menace pour nous, notre réaction sera destructrice.
Aujourd’hui, la Russie dispose de toutes sortes d’armes dans l’histoire actuelle du monde, je le souligne. (J’ajoute : vous n’en avez aucune idée.)
Vous n’avez rien vu de la Russie et de ses possibilités en Ukraine, car l’Ukraine est notre pays historique, et il y a des Russes en Ukraine, et nous les sauvons, et ce n’est pas une guerre mais une opération militaire. (C’est vrai)
D’un autre côté, ce ne sera pas comme en Ukraine ; Voilà ce que vous devez savoir.
Quant à savoir si nous sommes prêts à négocier la paix, nous l’avons toujours été, mais personne ne voulait négocier avec nous.
Bien sûr, la Russie n’a pas d’amis parmi les dirigeants de l’OTAN et de l’Europe, car la Russie est un pays puissant et immense, ce que vos collègues de l’OTAN et de l’Europe ne veulent pas.
Mais acceptez-le !
Peu importe combien vous répétez qu’un jour la Russie sera vaincue… Je crois en Dieu, et Dieu est avec nous. Le monde peut finir plus tôt, mais la Russie ne tombera pas.
Nous n’avons pas besoin d’un monde sans Russie.
Contrairement à vous, je sais très bien ce que sont un pays et un peuple, et c’est pourquoi je me battrai toujours pour mon pays et mon peuple.
Êtes-vous prêt à accepter cela, comme vous le souhaitez ? Êtes-vous prêt à déclencher une nouvelle guerre contre la Russie ? Mais nous sommes également prêts.
Et la guerre d’aujourd’hui contre la Russie serait une apocalypse absolue.
Je conseille à nos collègues d’Europe et de l’OTAN d’œuvrer pour le bien du monde, et non pour sa destruction.
Merci !»
Vladimir Poutine
Pavel Zaroubine : La dernière chose qui a été demandée à propos de Biden : ce sont les derniers jours de l’administration de Biden, et ils ne cachent pas le fait qu’ils veulent littéralement bourrer le régime kievien jusqu’au cou, on y parle déjà des milliers de missiles, cela ressemble déjà, je ne sais pas, à une sorte de vengeance personnelle. Qu’est-ce que c’est, qu’en pensez-vous et y a-t-il un moyen de s’en sortir après qu’ils ont enterré les relations russieno-américaines dans une fosse profondissime ?
Vladimir Poutine : Tout peut être fait si vous en avez le désir. Quant à nous, ce désir ne nous quittait jamais. Quelle que soit l’évolution de l’Histoire, elle prend toujours une nouvelle forme en fonction de l’évolution de la situation. Rappelons-nous le XIXe siècle. Après la «Guerre de Crimée» – c’était l’an 1855, n’est-ce pas ? le 56, le 55 – lorsqu’un certain nombre de restrictions ont été imposées à la Russie, de nombreuses personnes en Occident ont écrit et dit que la Russie ne remarquait pas, qu’elle devrait réagir à certaines injustices qui se produisaient dans le monde, qu’elle ne les remarquait pas, qu’elle s’isolait, et cela lui était reproché, ce à quoi le chancelier et ministre des Affaires étrangères de l’époque a fait envoyer une dépêche à toutes nos missions diplomatiques en Europe, dans laquelle il était écrit comment réagir à de telles déclarations. Des mots célèbres y ont été écrites : «La Russie ne se fâche pas, la Russie se concentre». Et peu à peu, en se concentrant, la Russie a repris tous ses droits sur la mer Noire, et s’est renforcée, etc., etc. Donc, déjà à ce moment-là, je vous le dis, cette Guerre de Crimée a été appelée par certains historiens et spécialistes la «Guerre mondiale zéro». Ensuite il y a eu la Première, puis la Seconde Guerre mondiale. Donc presque toutes les puissances européennes ont participé à cette «Guerre mondiale zéro» contre la Russie. Mais malgré tout, la situation changeait, se transformait, et la période de la Première Guerre mondiale est arrivée, où les mêmes pays qui se battaient contre nous se sont révélés être nos alliés…
Mais là n’est pas la question, le fait est que tout change. Seuls les intérêts restent inchangés, en l’occurrence ceux de la Russie et de son peuple. Si nous constatons que la situation évolue de telle sorte qu’il existe une opportunité et des perspectives de construire des relations avec d’autres pays, nous sommes prêts à le faire. La question n’est pas en nous, mais en eux. Mais surtout pas au détriment des intérêts de la Fédération russienne. Je pense que nous avons traversé une période de l’histoire récente où la génération, humm, précédente de nos hommes politiques est allée, à mon avis, jusqu’à la destruction de leur propre pays dans l’espoir que la Russie devienne une partie du soi-disant «monde civilisé», et ce «monde civilisé» ne voulait que cela, car dès que le potentiel de la Russie s’est réduit, qu’elle s’est affaiblie, ils ont commencé à l’achever, au lieu d’en faire un partenaire et un participant à part entière dans ce «monde civilisé». Hélas, c’est ainsi que le monde fonctionne – du moins aujourd’hui – et si nous établissons des relations avec qui que ce soit, nous le ferons uniquement sur la base des intérêts de l’État russien.
P. Zaroubine : La Troisième Guerre mondiale est-elle déjà en cours ?
V. Poutine : Vous savez, il ne faut faire peur à personne. Les dangers sont nombreux, ils croissent, et nous voyons ce que notre adversaire fait aujourd’hui, il escalade la situation. Bon, s’ils en ont tellement envie, qu’ils vivent mal, qu’ils escaladent davantage. Nous répondrons toujours à n’importe quel défi, toujours. Et lorsque nos adversaires actuels et nos partenaires éventuels entendront enfin cela, le comprendront, le réaliseront, alors, il me semble, une compréhension leur viendra de ce qu’il faut chercher, comme cela a été dit aujourd’hui lors de la conférence de presse et de la Ligne directe, chercher des compromis. Nous sommes prêts à chercher ces compromis, mais sans nuire à nos intérêts.
source vidéo : https //yandex.ru/video/preview/9617595212736862370
traduit par Valerik Orlov
Le « milliard doré », a concrètement, parasité les autres peuples pendant des siècles, insiste-t-il
« Les élites se remplissaient le ventre de chair humaine et se remplissaient les poches d’argent depuis des siècles»,
« Ils ont mis en pièce les malheureux peuples d'Afrique, ils ont exploité, déchiré l'Amérique latine, exploité les nations d'Asie. Personne n'a oublié cela.»
« Le bal des vampires se termine »
Washington considère ce fait comme un développement de la guerre qu’il conduit depuis 1950, malgré un cessez-le-feu, contre les communistes coréens et chinois, plus encore que comme un développement de celle qu’il conduit par Ukrainiens interposés contre la Russie depuis 2022. Il a donc répondu, le 19 novembre, en guidant contre la Russie six missiles ATACMS (Army TACtical Missile System) qu’il avait donné à Kiev. Ils étaient dirigés non seulement contre l’oblast de Koursk, mais aussi contre celui de Briansk où ils ne sont pas parvenus à toucher un dépôt de munitions. Londres a, de son côté, décidé le 21 novembre de guider identiquement les missiles Storm Shadow qu’il a donné à Kiev. La totalité des missiles alliés a été détruite en vol par la défense anti-aérienne russe.
Au contraire, Moscou considère l’attaque de Koursk comme la continuation de la guerre secrète de la CIA en Ukraine et comme celle organisée dans les années 50 contre l’URSS, toutes deux avec l’appui des nationalistes intégraux ukrainiens de Stepan Bandera.
Les Occidentaux ne comprennent pas ces évènements car ils ont
oublié le soutien de Beijing à Pyongyang,
pensent —à tort— que Koursk et Briansk sont en Ukraine
et ignorent la guerre secrète durant laquelle les Anglo-Saxons s’allièrent aux derniers nazis (ce qui a comme conséquence qu’ils n’ont pas compris non plus l’objectif de l’opération militaire spéciale russe en Ukraine).
Les missiles ATACMS peuvent être tirés depuis des lanceurs mobiles HIMARS. Les derniers
modèles ont une portée de 300 kilomètres et volent à une altitude de 50 000 mètres. Les dernières versions des missiles Storm Shadow, quant à eux, ont une portée d’environ 400
kilomètres. Aucun ne peut donc atteindre la Russie en profondeur.
La Russie dispose d’une large gamme de réponses aux attaques alliées
Elle peut, en représailles, soutenir des adversaires des Anglo-Saxons sur un autre théâtre de combat. C’est ce qu’elle avait fait, lors du bombardement d’un de ses gazoducs par Kiev, auquel elle avait répondu en guidant un missile yéménite, le 15 septembre, qui détruisit un oléoduc israélien ; un évènement capital qui a été couvert par la censure militaire israélienne et ignoré par la presse occidentale.
Elle a modifié, le 19 novembre, sa doctrine nucléaire, laissant ouverte l’option d’une réplique nucléaire.
Enfin, elle peut faire usage de sa dominance militaire. L’Ukraine a annoncé que, le 20 novembre, Moscou avait tiré un missile balistique à longue portée (c’est-à-dire pouvant atteindre les États-Unis depuis la Russie), RS-26 Rubezh. Nous savons aujourd’hui qu’il s’agissait d’autre chose.
Sans que nous en ayons conscience, les champs de bataille d’Ukraine et du Moyen-Orient se sont déjà réunis, tandis que les néo-conservateurs états-uniens (les straussiens), les « sionistes révisionnistes » israéliens et les « nationalistes intégraux » ukrainiens se sont à nouveau alliés, comme lors de la Seconde Guerre mondiale. Ces trois groupes, historiquement liés à l’Axe tripatite, sont partisans d’une confrontation finale. Il ne maque à l’appel que les militaristes japonais du nouveau Premier ministre, Shigeru Ishiba.
Immédiatement après le tir de missiles états-uniens ATACMS et avant même celui des Storm Shadow britanniques, le président russe, Vladimir Poutine, a signé un décret promulguant la nouvelle doctrine nucléaire de son pays qu’il avait annoncé le 24 septembre dernier. Elle autorise l’usage des armes atomiques dans cinq nouveaux cas :
1) si des informations fiables sont reçues sur le lancement de missiles balistiques ciblant le territoire de la Russie ou ses alliés.
2) si des armes nucléaires ou d’autres armes de destruction massive frappent le territoire de la
Russie ou de ses alliés, ou sont utilisées pour frapper des unités ou des installations militaires russes à l’étranger.
3) si l’impact d’un ennemi sur le gouvernement ou sur les installations militaires russes sont d’une importance critique susceptible de saper la capacité de frappe nucléaire en représailles.
4) si l’agression contre la Russie ou la Biélorussie avec des armes classiques fait peser une grave menace sur leur souveraineté et leur intégrité territoriale.
5) si des informations fiables sont reçues sur le décollage ou le lancement d’avions stratégiques et tactiques, de missiles de croisière, de drones, de véhicules hypersoniques ou d’autres véhicules volants et de leur franchissement de la frontière russe.
Le 21 novembre, c’est-à-dire après les tirs britanniques, le président russe, Vladimir Poutine, a délivré une allocution télévisée au cours de laquelle, il a révélé que les armées russes avaient détruit un centre militaro-industriel ukrainien, mais n’avaient pas utilisé de missile balistique classique RS-26 Rubezh comme l’avaient annoncé les Ukrainiens. Elles avaient par contre testé une nouvelle génération d’armes hypersoniques, en l’occurrence un missile balistique Oreshnik à portée nucléaire mais chargé conventionnellement. Celui-ci a été lancé depuis Astrakhan (mer Caspienne) sur une usine de satellites à Dnipro. Sa vitesse, supérieure à mach 10, ne permet actuellement à aucune armée au monde de l’intercepter. Il cumule les capacités des anciens missiles Iskander et des nouveaux missiles Kinjal avec encore plus de vitesse et de maniabilité.
Le président Poutine a rappelé que la Russie, sans en avoir l’obligation, continue à respecter le traité FNI dont les États-Unis se sont retirés en 2019. Le Pentagone très en retard d’un point de vue technique, a redéployé déployé des missiles à portée intermédiaire en Europe et en Asie-Pacifique, comme à l’époque de la crise des euromissiles, tandis que la Russie en produit, mais ne les déploie pas. Vladimir Poutine a alors mis en garde les Occidentaux en suggérant aux civils de quitter les zones dangereuses que la Russie pourrait frapper avec des missiles Oreshnik chargés nucléairement.
Il se peut que ce discours ne soit pas suivi d’attaques et que son seul objectif soit de montrer la supériorité militaire russe sur l’Occident, déjà reconnue en juillet par la Commission nationale états-unienne sur la Stratégie de Défense, établie par le Congrès lors de l’adoption de la loi de programmation militaire de 2022. Son seul effet sera alors de booster les ventes d’armes russes.
Quoi qu’il en soit, jamais le monde n’a été aussi proche d’une guerre nucléaire car jamais il n’y a eu plusieurs puissances nucléaires, dont une en net avance technique sur toutes les autres.
Le 22 novembre, le président Poutine a réuni les développeurs des systèmes de missiles et les responsables industriels de l’armement. Il les a félicité pour le succès d’Oreshnik et leur a demandé de le produire en série.
Thierry Meyssan
00:00 – Géopolitique profonde numéro spécial Trump :
• Mariani blanchi
• Soutien aux paysans
• Anniversaire du Maïdan
04:29– Économie :
• Raffinage russe
• Russie : exportateur de gaz numéro 1 en Europe
• Tupolev 214 : premier vol
10:08 – Politico-diplomatique :
• ATACMS & STORMSHADOW vs NOISETTE balistique
• Scholz appelle Poutine. Macron cherche des amis
• Sommet du G20 sans Zelensky. La poignée de main. Lavrov : recherche de contacts.
• Visite de Xi à Lima au Pérou
• Venezuela : Gonzalez reconnu par Blinken
• Attaque en mer Baltique
• Sénégal : victoire du Pastef
31:33 – Empire du mensonge :
• Moment bunker : Jean-Noël Barrot
34:00 – Armement :
• Mines anti-personnelles US vs civils ukrainiens
34:52 – Carte des opérations militaires
La réélection de Donald Trump, malgré la campagne de la quasi totalité des intellectuels occidentaux contre lui, redistribue les cartes.
Les deux dernières semaines, nous avons montré que l’Iran avait abandonné son idéal révolutionnaire et s’était éloigné de ses alliés sunnites du Hamas et du Jihad islamique, et même chiites du Hezbollah libanais, d’Hachd al-Chaabi iraquien et d’Ansar Allah yéménite. Ces points sont largement confirmés par la réunion au cours de laquelle Hassan Nasrallah fut assassiné par les FDI « grâce » à des informations iraniennes, les déclarations confuses de l’ayatollah Ali Sistani en Iraq, et les mesures prises pour prévenir l’assassinat d’Abdel Malek al-Houthi au Yémen.
Puis, nous avons montré que les BRICS, au sommet de Kazan, ont affirmé leur attachement au droit international contre « l’ordre fondé sur des règles » des anglo-saxons.
Cette semaine, la victoire écrasante de Donald Trump aux élections états-uniennes marque le triomphe des jacksoniens sur les démocrates, mais aussi sur les républicains, bien que Trump ait été soutenu par leur parti. Il devrait s’ensuivre que les États-Unis cesseront leurs guerres en Ukraine et au Moyen-Orient au profit d’une guerre commerciale généralisée.
Sur le continent européen, nous avons assisté au Royaume-Uni à la chute de Rishi Sunak et à son remplacement par un membre de la Commission trilatérale (c’est-à-dire un soutien des intérêts patronaux US), Keir Starmer. Nous nous attendons, en Allemagne, à la chute du chancelier Olaf Scholz et, en France, à celle du Premier ministre Michel Barnier, sans savoir qui les remplacera.
En Occident, ces évènements ont partout le même sens : l’idéologie néo-conservatrice et la religion woke sont condamnées au profit de la défense des nations. Il s’agit d’une révolte des classes moyennes. Celles-ci, qui ne sont pas xénophobes, n’acceptent plus d’être sacrifiées, au nom de la spécialisation du monde imposée par la globalisation anglo-saxonnes.
D’une manière générale, on se dirige, dans les prochaines années, vers l’abandon aussi bien de la volonté impérialiste des Anglo-Saxons que de celle, anti-impérialiste, de l’Iran. Simultanément, on devrait assister à un renforcement du droit international, bien qu’il ne soit pas reconnu par les jacksoniens. Ceux-ci admettent cependant, en matière commerciale, l’importance des signatures. Il est probable que Washington poussera l’Initiative des trois mers en Europe centrale après avoir contraint l’Ukraine à reconnaître sa défaite face à la Russie. Il s’en suivra une montée de la Pologne au détriment de l’Allemagne et un affaiblissement de l’Union européenne. Les États-Unis et les BRICS se rejoindront sur la nécessité de coopérer, mais s’affronteront autour du statut de référence du dollar.
Ces modifications importantes nous sont encore masquées parce que nous ne comprenons pas la manière dont réfléchissent chacun de ces acteurs. Nous interprétons à tort ce qu’ils disent et ce qu’ils font en fonction de leur place dans l’ancien monde.
Nous sommes particulièrement aveugles vis-à-vis des États-Unis que nous persistons à considérer comme nos maîtres. Nous ne connaissons que la doxa néo-conservatrice et nous imaginons que les États-Unis pensent de cette manière alors qu’ils viennent de s’affranchir de leur férule.
L’élection, ou plutôt la réélection, de Donald Trump, sa victoire écrasante pour la Maison-Blanche comme pour le Congrès, marque la révolte des classes moyennes US contre les intellectuels occidentaux qui s’étaient tous ligués contre lui.
Rappelons que Donald Trump, alors qu’il était promoteur immobilier à New York, fut la première personnalité, le 11 septembre 2001 dans l’après-midi, à remettre en cause la version officielle des attentats prétendument islamistes. Par la suite, il finança, au sein du Tea Party, la contestation de la légitimité du président Barack Obama. Enfin, il s’empara du Parti républicain malgré la résistance de l’ancien vice-président Dick Cheney (qui était membre du « gouvernement de continuité » [continuity government], de ce que Trump a désigné comme « l’État profond » [Deep State]). Il fit campagne d’une manière nouvelle en se fondant sur l’observation des réseaux sociaux et en répondant de manière symbolique aux attentes des classes moyennes. Dès son élection et avant même qu’il ne siège à la Maison-Blanche, le Parti démocrate lança une campagne mondiale de diffamation contre lui. Durant tout son mandat, il dut affronter ses propres collaborateurs qui n’hésitèrent pas à lui mentir et à faire le contraire de ce qu’il leur ordonnait, puis à s’en vanter. Cependant, il parvint, seul contre tous, à interrompre la « guerre sans fin » au Moyen-Orient et le soutien militaire et financier de la CIA à Al-Qaeda et à Daesh.
Au contraire, Joe Biden composa son équipe à partir du personnel du Center for Strategic and international Studies (CSIS), du Center for a New American Security (CNAS), de la Rand Corporation, et de General Dynamics, Raytheon, Northrop Grumman et Lockheed Martin. Il relança les guerres au Moyen-Orient, puis en débuta une nouvelle en Ukraine.
Nous ignorons si Donald Trump tentera de poursuivre durant son second mandat ce qu’il avait entrepris durant le premier. Il connaît désormais les chausse-trapes de Washington et a composé une équipe dont il était dépourvu la première fois. La seule inconnue est de savoir ce qu’il a dû concéder pour pouvoir vaincre cette fois. Sa politique au Moyen-Orient a consisté à remplacer la guerre par le commerce avec les accords d’Abraham. Elle a été mal comprise car son gendre, Jared Kushner, qui avait été chargé de les mettre en œuvre, est profondément raciste. Il avait aussi transféré l’ambassade des États-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem, laissant entendre que celle-ci était la capitale du seul État juif. Durant sa campagne, il a accepté des dons considérables de la veuve de Sheldon Adelson, un soutien inconditionnel des « sionistes révisionnistes ». Nul ne sait s’il s’est engagé à soutenir en retour l’État d’Israël ou le projet colonial de Vladimir Jabotinsky.
La victoire de Donald Trump ne mettra pas fin aux affrontements, mais les déplacera du champ de bataille militaire vers celui de l’économie. Attention, pour analyser sa politique, les catégories politiques avec lesquelles nous réfléchissons depuis le XVIII° siècle s’avéreront inopérantes. Il n’entend pas choisir entre le protectionnisme et le libre-échange, mais entre des secteurs économiques : les produits qu’il défendra avec des droits de douanes parce qu’ils ne seront pas capables de rivaliser avec ceux de ses concurrents, et les produits qui sont capables d’inonder le marché global. Donald Trump n’est pas l’ami de tous les entrepreneurs, bien loin de là. Il s’oppose à ceux qui vivent au crochet de l’État en lui vendant de mauvais produits comme le fait le complexe militaro-industriel états-unien depuis trente ans. Les notions de droite et de gauche, d’interventionniste et d’isolationniste sont toutes aussi obsolètes. Ce qui se joue aujourd’hui est d’une autre nature.
Thierry Meyssan
C’est la série spéciale d’ERTV qui vous plonge chaque semaine dans les coulisses de l’élection présidentielle américaine, un enjeu majeur qui se jouera le 5 novembre prochain.
Paul Verbeke accueillera Xavier Moreau pour décrypter en profondeur la relation Trump-Poutine, un sujet qui a nourri tant de spéculations et de controverses dans les médias internationaux. À cette occasion, Alain Soral se joindra également à la discussion pour enrichir le débat.
Pour aller droit au but : que s’est-il réellement passé à Koursk ? Le ministère russe de la Défense a-t-il été pris au dépourvu ? Ou bien l’a-t-il vu venir et a-t-il profité de l’occasion pour tendre un piège mortel à Kiev ?
Des acteurs bien informés, disposés à partager quelques éléments sous couvert d’anonymat, soulignent tous l’extrême sensibilité de l’affaire. Un pro du renseignement a toutefois offert ce qui peut être interprété comme un indice précieux : «Il est plutôt surprenant de voir qu’une telle concentration de forces n’ait pas été remarquée par la surveillance par satellite et par drone à Koursk, mais je n’en exagérerais pas l’importance».
Un autre pro du renseignement préfère souligner que «la section des renseignements étrangers est faible car elle a été très mal gérée». Il s’agit d’une référence directe à l’état des choses après que l’ancien superviseur de la sécurité Nikolaï «Yoda» Patrouchev, lors du remaniement post-inauguration de Poutine, a été transféré de son poste de secrétaire du Conseil de sécurité à celui d’assistant spécial du président.
Les sources, prudentes, semblent converger vers une possibilité très sérieuse : «Il semble qu’il y ait eu une défaillance dans les renseignements ; ils ne semblent pas avoir remarqué l’accumulation de troupes à la frontière de Koursk».
Un autre analyste a toutefois proposé un scénario beaucoup plus précis, selon lequel une faction militaire faucon, répartie au sein du ministère de la Défense et de l’appareil de renseignement – et en désaccord avec le nouveau ministre de la Défense Beloussov, un économiste – a laissé l’invasion ukrainienne se dérouler avec deux objectifs en tête : tendre un piège aux principaux commandants et troupes ennemies de Kiev, qui ont été détournés du front du Donbass – qui s’effondre – et exercer une pression supplémentaire sur Poutine pour qu’il s’attaque enfin à la tête du serpent et achève la guerre.
Cette faction faucon considère d’ailleurs le chef d’état-major général Guerassimov comme «totalement incompétent», selon les termes d’un pro du renseignement. Il n’y a pas de preuve irréfutable, mais Guerassimov aurait ignoré plusieurs avertissements concernant un renforcement ukrainien près de la frontière de Koursk.
Un spécialiste des renseignements à la retraite est encore plus critique. Il se plaint que les «traîtres de la Russie» ont en fait «dépouillé trois régions de leurs troupes pour les livrer aux Ukrainiens». Désormais, ces «traîtres de la Russie» pourront ««échanger» la ville de Souha contre le départ du faux pays qu’est l’Ukraine et présenter cette solution comme inévitable».
Par ailleurs, ce jeudi, Beloussov a commencé à présider une série de réunions visant à améliorer la sécurité dans les «trois régions» – Koursk, Belgorod et Briansk.
Les faucons de l’appareil silovikine cachent pas que Guerassimov devrait être renvoyé et remplacé par le légendaire général Sergueï «Armageddon» Sourovikine. Ils soutiennent également avec enthousiasme Alexander Bortnikov du FSB – qui a de facto résolu l’affaire extrêmement trouble de Prigojine – comme l’homme qui supervise actuellement la situation à Koursk.
Eh bien, c’est compliqué.
La réaction du président Poutine à l’invasion du Koursk était visible dans son langage corporel. Il était furieux : pour l’échec militaire/renseignement, pour la perte évidente de face, et pour le fait que cela enterre toute possibilité de dialogue rationnel sur la fin de la guerre.
Pourtant, il est parvenu à renverser la situation en un rien de temps, en désignant Koursk comme une opération antiterroriste (CTO), supervisée par Bortnikov, du FSB, et avec une logique intégrée de «ne pas faire de prisonniers». Chaque Ukrainien présent à Koursk et ne souhaitant pas se rendre est une cible potentielle, destinée à être éliminée. Maintenant ou plus tard, peu importe le temps que cela prendra.
Bortnikov est le spécialiste des actions concrètes. Il y a ensuite le superviseur de l’ensemble de la réponse militaire/civile : Alexey Dyumin, le nouveau secrétaire du Conseil d’État, qui a notamment occupé le poste de chef adjoint de la division des opérations spéciales du GRU (renseignements militaires). Dyumin ne répond pas directement au ministère de la Défense ni au FSB : il rend compte directement au président.
Traduction : Guerassimov semble désormais être au mieux un prête-nom dans tout le drame de Koursk. Les responsables sont Bortnikov et Dyumin.
La stratégie de la RP de Koursk est vouée à un échec retentissant. Pour l’essentiel, les forces ukrainiennes s’éloignent de leurs lignes de communication et de ravitaillement et pénètrent en territoire russe. On peut établir un parallèle avec ce qui est arrivé au maréchal von Paulus à Stalingrad lorsque l’armée allemande a été débordée.
Les Russes sont déjà en train de couper les Ukrainiens de Koursk, rompant ainsi leurs lignes de ravitaillement. Ce qu’il reste des soldats d’élite lancés à Koursk devra faire demi-tour, face aux Russes qui se trouvent à la fois devant et derrière eux. Le désastre se profile à l’horizon.
L’irrépressible commandant des forces spéciales Akhmat, le général de division Apti Alaudinov, confirme sur Rossiya-1 TV qu’au moins 12 000 membres des forces armées ukrainiennes (FAU) sont entrés dans Koursk, notamment de nombreux étrangers (Britanniques, Français, Polonais). Il s’agira d’une opération «pas de prisonniers» à grande échelle.
Toute personne ayant un QI supérieur à la température ambiante sait que Koursk est une opération de l’OTAN – conçue avec un haut degré de probabilité par un combo anglo-américain supervisant la chair à canon ukronazie.
Tout ce que fait Kiev dépend des systèmes ISR (intelligence, surveillance, reconnaissance) américains et des systèmes d’armes de l’OTAN, bien entendu utilisés par du personnel de l’OTAN.
Mikhaïl Podolyak, conseiller de l’acteur transpirant en T-shirt vert à Kiev, a admis que Kiev avait «discuté» de l’attaque «avec des partenaires occidentaux». Les «partenaires occidentaux» – Washington, Londres, Berlin – en habits de lâcheté, le nient.
Bortnikov n’est pas dupe. Il a succinctement affirmé, sur procès-verbal, qu’il s’agissait d’une attaque terroriste de Kiev soutenue par l’Occident.
Nous entrons à présent dans la phase de combat de positionnement dur destiné à détruire des villages et des villes. Ce sera affreux. Les analystes militaires russes font remarquer que si une zone tampon avait été préservée en mars 2022, les activités d’artillerie à moyenne portée auraient été limitées au territoire ukrainien. Encore une décision controversée de l’état-major russe.
La Russie finira par résoudre le drame de Koursk en éliminant les petits groupes ukrainiens de manière méthodique et meurtrière. Cependant, les questions très sensibles concernant la manière dont cela s’est produit – et qui l’a laissé se produire – ne disparaîtront tout simplement pas. Des têtes devront – au sens figuré – tomber. Car ce n’est que le début. La prochaine incursion aura lieu à Belgorod. Préparez-vous à ce qu’il y ait encore du sang sur la piste.
C’est énorme ! Viktor Orban de Hongrie vient de faire une visite surprise colossale à Moscou, rencontrant Vladimir Poutine. C’est peut-être la meilleure chose en termes d’efforts diplomatiques réels que nous ayons vus depuis les négociations ratées d’Istanbul. Oh Hongrie, beau phare d’espoir !
Ceci est très significatif pour plusieurs raisons :
• Premièrement, la Hongrie vient de prendre la présidence tournante du Conseil de l’UE, donc il a une influence significative sur l’agenda du bloc.
• Deuxièmement, il vient également de visiter Kiev et a maintenant une très bonne idée de la position de Zelensky, bien que nous ne sachions pas exactement de quoi ils ont parlé.
• Troisièmement, la Hongrie a également participé au Sommet de la Paix en Suisse, donc elle est également incluse dans ce flux de discussions.
• Et quatrièmement, n’oublions pas, la Hongrie est membre de l’OTAN, donc elle sera à la grande réunion de l’OTAN la semaine prochaine à Washington.
• Et maintenant des discussions avec le président russe. Eh bien, la Hongrie participe vraiment à tout.
Gardez tout cela à l’esprit lorsque nous lisons maintenant le document officiel que le Kremlin vient de publier sur sa page d’accueil, en anglais, avec les traductions des discours des deux dirigeants. Et encore une fois, c’est en anglais, donc bien sûr pour la consommation occidentale !
00:00 – Ukraine : pourquoi la Russie a gagné
Géopolitique profonde
Paris Match
02:00 – Économie
Renforcement du rouble
Gaz russe vs gaz US
Visite de V. Poutine au Vietnam
Corridor Nord-Sud
Dette ukrainienne
Dette macronienne
10:19 – Politico-diplomatique
Pas d’Hitler sans Front populaire
Échec de la conférence de paix
Proposition de paix de V. Poutine
OTAN : contre-offensive de Kharkov
V. Poutine en Corée du Nord
38:10 – Terrorisme
EI : filière ukrainienne
Russie vs immigration
40:10 – Armement
F-16 magiques
Rheinmetal : 155mm pour tous
FAB-3000
Livraisons des SU-34
Munitions vs inflation
44:30 – Considérations militaires générales
Apti Alaoudinov
Intoxication otano-kiévienne
Hécatombe pour des selfies
48:00 – Carte des opérations militaires